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01
Fév
2019

Peyrignac : 104 ans, ça se fête !

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Terrasson - Société

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Léa Blanchard de Peyrignac vient de fêter en 2019 ses 104 ans. "Bon pied, bon oeil, avec un seul cachet par jour... Et l'évènement a été fêté en bonne compagnie, ici (photo) en présence de sa fille Liliane et de son ami, son fils Guy et Serge Pedenon le maire du village...


Article du 3 février 2015 : Léa chante une chanson pour ses 100 ans.

"Ne cherche pas pourquoi tout est si beau pour moi..." chante modestement Mme Blanchard, née Grand, dite "Léa", pour fêter ses 100 ans à la salle des fêtes de Peyrignac. Elle est née le 30 janvier 1915, et ce dimanche 1er février 2015, Léa a été très applaudie après avoir chanté sa chanson sur scène, devant une salle comble et de nombreuses personnalités comme Serge Pedenon, maire de Peyrignac, Dominique Bousquet, maire de Thenon et président de la communauté de communes, Serge Eymard conseiller général, et Roland Moulinier maire de la Bachellerie (qui a été son médecin durant 38 ans). Tout le village avait répondu présent pour souhaiter un bon anniversaire à Léa, "aussi populaire, sinon plus que le maire" précise avec humour Serge Pedenon. Il est vrai que Léa, Peyrignacoise, son mari ouvrier aux papeteries, élu pendant 25 ans, aujourd'hui disparu (à l'âge de 98 ans, il y a deux ans et demi), et toute la famille ont joué un rôle important dans cette commune, notamment auprès des associations comme le club de théâtre "Peyrignac sur les planches" où Léa participe elle-même depuis 27 ans comme chanteuse !

Le fils de Léa, Guy, explique : "elle a toute sa tête, elle téléphone toujours aujourd'hui à ses enfants et ses petits-enfants, c'est exceptionnel." Guy a remplacé son père au conseil municipal où il a été élu, comme lui, durant 25 ans et adjoint au maire pendant trois mandats. "La famille Blanchard a fait 50 ans de vie communale" souligne Guy. Et son frère, Jean-Luc, est actuellement premier adjoint à Thenon. Léa a reçu la médaille d'Honneur des mains de Serge Eymard conseiller général.


Le discours du maire de Peyrignac : Serge Pedenon, le 1er février 2015.

Chère Léa, chers amis,

Aujourd’hui est un grand jour pour vous Léa ; je sais que vous l’attendiez avec un peu d’anxiété ce que l’on peut comprendre. Je rappellerai donc que vous êtes née le 30 Janvier 1915 et que vous venez d’atteindre avant-hier un cap symbolique, celui des cent ans. Vous vous doutez bien que, dans votre commune de naissance que vous n’avez guère quittée et où vous êtes aussi populaire, sinon plus, que le maire, c’est un évènement dont on parle beaucoup et dont on se réjouit.
C’est donc à La Bonnelle en ce début d’année 1915, à 50 mètres de la maison de Guy (qui a fait un retour aux sources), que vous êtes née prématurément paraît-il, à sept mois, dans la famille Grand par votre père et Daudrix par votre mère.
La maison est d’ailleurs toujours occupée par un membre de la famille, car on est très famille chez les "Blanchard", je veux parler de notre ami Roger Mazelle, une autre grande figure de Peyrignac.
Précisément, cet esprit de famille et cette présence attentionnée des vôtres est sans aucun doute une des explications de votre longévité même si je ne veux pas mettre en cause les compétences de votre médecin. Cette proximité familiale vous a permis de rester vivre à Peyrignac entourée quotidiennement de l’affection de vos enfants et des aides ménagères que l’on ne remerciera jamais assez et comme en plus l’atmosphère est saine sur la commune, ceci explique cela.

Léa, vous étiez la dernière d’une famille de cinq enfants et comme tous les enfants de nos campagnes d’alors, la petite dernière a vécu une enfance heureuse, d’un bonheur simple, choyée au milieu de vos frères, de vos sœurs et de vos parents. Comme la plupart des écoliers en ces temps-là, vous avez fréquenté l’école communale jusqu’au certificat d’études sous la houlette et même je dirai même la baguette d’un certain Monsieur Siorac, dont on entend parler encore. Il était instituteur, secrétaire de mairie, président, entraîneur du club de basket local et j’en passe.
Comme les enfants d’agriculteurs de l’époque, dés la fin de la scolarité à 14 ans, on participait aux travaux de la ferme en attendant de trouver du travail et c’est ce qui s’est passé pour vous. Puis, dés l’âge de 16 ans, vous avez été chargée de garder le fils du couple Siorac, les instituteurs de la commune dont je viens de vous parler et je crois savoir d’ailleurs qu’il est présent dans la salle.

A l’âge de 17 ans, l’horizon de la Bonnelle vous a semblé trop étroit et votre besoin d’aventure vous a conduit à PARIS ou vous avez trouvé un emploi de femme de ménage mais avec un rêve secret justifié de faire fructifier la voix magnifique dont la nature vous a dotée. Vous vous rendrez rapidement compte hélas qu’il y loin du rêve à la réalité et que le monde dans lequel vous croyez pouvoir évoluer était impitoyable et n’était pas fait pour vous.
Revenant donc à la réalité, vous vous rappelez que Peyrignac était déjà le plus beau village du monde, et je vous le confirme. La belle jeune fille que vous étiez revenait au bercail et commençait à fréquenter les bals qui faisaient office à l’époque de lieu de rencontre. Tout naturellement, le destin vous fit rencontrer en 1934, à 19 ans, un beau Corrézien de Perpezac le Blanc, prénommé Clément, dans le bal de l’une de nos fêtes de village. Le coup de foudre était immédiat mais, comme vous l’avez toujours fait, vous preniez le temps de la réflexion et vous n’alliez vous marier que le 9 Juillet 1938.
Après le mariage, vous élisiez domicile à la Bonnelle et participiez avec Clément aux travaux de la petite ferme familiale.

Ensuite, votre couple allait subir les premiers soubresauts de la vie agitée de l’époque de l’avant guerre et très rapidement les éloignements et les peurs du lendemain succéderont aux retrouvailles.
Ainsi, alors que votre couple aurait pu pleinement profiter de votre nouvelle vie, la guerre éclate et c’est la séparation puisque Clément est bien sûr mobilisé sur le front de l’Est : en Lorraine et dans la Somme, en première ligne derrière la tristement célèbre ligne Maginot.
Alors que Clément était fait prisonnier dés le 11 juin 1940 et déporté en Allemagne pour être affecté aux travaux des champs, votre premier enfant : Jacky , naissait en décembre.
Après deux ans de captivité, Clément réussit à s’évader en octobre 1942. Il rejoint Perpezac à pied et en vélo pour s’y cacher car il était bien sûr recherché, ce qui lui permet de donner quelques coups de main au maquis de la Corrèze, très actif comme chacun sait, et bien sûr de retrouver en cachette Léa à Peyrignac car il se savait surveillé et susceptible d’être dénoncé.
Pendant ce temps, Léa travaille et habite à la ferme de ses parents à la Bonnelle jusqu’en 1943 qu’elle quittera pour rejoindre le village de La Chèze tout en continuant de travailler à La Bonnelle.

A la fin de la guerre, la vie semi clandestine prend fin et la famille se retrouve enfin au complet. Comme nombre d’habitants du secteur, attirés par les salaires et la stabilité de l’emploi, Clément rentre aux Papeteries de Condat, ce qui permet d’améliorer l’ordinaire de la famille.
Le deuxième enfant, Guy naîtra en 1947 puis la famille quittera la Chèze en 1949 pour prendre le logement plus spacieux, au dessus de la salle des fêtes dans les locaux de la mairie actuelle. Puis arrivera le troisième enfant, Jean Luc en 1950 et enfin une jolie petite fille, la cerise sur le gâteau, Liliane en 1951.

Dernier déménagement en 1967 aux G... puisque vous achetez la maison où la famille aime se retrouver depuis lors et où vous vivez encore.
Votre vie sera rythmée par l’éducation de vos quatre enfants, les travaux de la maison, du jardin et surtout l’amicale laïque et le théâtre que vous n’auriez raté pour rien au monde et où vos talents d’actrice et surtout de chanteuse faisaient merveille ce qui vous a valu votre notoriété actuelle. En effet, il ne se passait pas un repas à Peyrignac sans que vous soyez mise à contribution et vous ne vous faisiez jamais prier car c’était, pour vous, un plaisir naturel de chanter.
A vos cotés, Clément poursuivra son parcours professionnel avec un travail posté difficile et usant pour la santé. Militant de la cause ouvrière, il ne variera jamais dans ses convictions et j’ai le souvenir amusé de certains repas de famille auxquels j’assistais avec le frère de Léa, M. Grand, où l’on discutait ferme, sans que les convictions des uns et des autres ne bougent d’un iota. Cet engagement militant le conduira au conseil municipal de Peyrignac pendant quatre mandats dont trois comme adjoint. Dans ce domaine, on retrouve beaucoup de similitudes avec les parcours respectifs de Guy et de Jean Luc .

Avec votre mari, vous participerez à la vie associative de la commune avec l’amicale laïque bien sûr, le club de basket, le comité des fêtes et dès sa création en 1993 le club des aînés.
En somme, vous avez formé avec Clément un couple uni qui a cimenté le destin de la famille, toujours accueillant, au service de vos amis et voisins. Discrète, d’humeur toujours égale, attentionnée, rigoureuse dans l’éducation de vos enfants même si certains vous échappaient parfois mais je ne donnerai pas de prénoms, vous avez été pour votre famille la branche à laquelle on pouvait à tout moment se raccrocher.

Au nom du conseil municipal et de toute la population, je vous souhaite Léa un bon anniversaire ; la commune est heureuse pour vous et s’honore de vous remettre la médaille d’honneur que vous recevrez dans un instant. Vous pouvez vous rendre compte que tout le monde a le sourire car cette cérémonie constitue un temps fort tant pour vous, votre famille, et pour la communauté communale et je ne trahirai aucun secret en vous disant que, dans cette communauté communale précisément, vous-même et votre famille y font l’unanimité.

Serge Pedenon

maire de Peyrignac

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