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23
Oct
2018

Vincent Brousse raconte le dessin de presse 14-18

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Terrasson - Loisirs/Culture

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Une quarantaine de personnes ont répondu présentes à l’invitation de la Médiathèque de Terrasson sur un thème pointu : "Le dessin caricatural dans la presse de 14-18" avec Vincent Brousse, ce vendredi 19 octobre. Le public était averti et passionné, et les questions se sont prolongées jusqu'à 23 heures environ.

 

Article du 2 octobre 2018. L'historien spécialiste de l'époque contemporaine, Vincent Brousse, est invité à la médiathèque Simone Veil de Terrasson, ce soir vendredi 19 octobre 2018 à 20h30, pour une conférence sur le dessin caricatural dans la presse de 14-18. Professeur agrégé à Limoges, Vincent Brousse a enseigné l'histoire au collège Louise-Michel de Saint-Junien. Avec l'historien Philippe Grandcoing, il a publié huit volumes parus aux éditions De Borée dans la série des "Grandes affaires criminelles". Les co-auteurs reviennent sur des événements qui ont alimenté les journaux, débats politiques, rubriques faits-divers et chroniques judiciaires de différentes époques.

La caricature est une arme de guerre. Tous les Etats belligérants ont eu recours à la propagande à destination surtout de l'arrière. Les caricatures ont été souvent utilisées afin de faire passer l'ennemi pour un animal. On peut véritablement parler de « Baïonnette au crayon » et cette conférence doit nous donner une vision originale de la façon dont les caricaturistes ont mené leur guerre.

- Entrée libre. L'auteur pourrait dédicacer ses ouvrages après son intervention.

 


Vincent Brousse, extraits...

"Du 1er août 1914 au 11 novembre 1918, alors que la photo était encore rare dans la presse, et que le cinéma aux armées créé au printemps 1915 était encore balbutiant, le dessin de presse a pris toute son importance" explique Vioncent Brousse. Filtrée par une très stricte censure, et positionnée dans le contexte social et politique du temps, la manière d'imager le conflit en dit beaucoup sur l'état d'esprit cultivé dans chaque nation, côté français, allemand ou russe... De la liesse patriotique des premiers départs pour combattre, à l'animalisation de l'adversaire dès septembre 14 "la grande absente du dessin de presse est la mort telle qu'elle est vécue", ainsi que toute la misère induite par la guerre dans les régions françaises avec le changement complet d'économie qu'elle suscite, où les femmes jouent un rôle fondamental, inimaginable auparavant...

Entre 1880 et 1920, la presse française et notamment le dessin de presse, connaissent un âge d'or avec des dizaines de caricaturistes. On s'arrache "Le Petit Journal Illustré", l'un des journaux les plus diffusés. Mais il y avait aussi "La Baïonnette", "Le Rire Rouge", "La Griffe" et "Le Poilu" dont quelques extraits pourraient être exposés. De l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand à Sarajevo jusqu'au 2e anniversaire de l'armistice, les historiens considèrent cette période de 6 ans et demi comme capitale pour analyser et comprendre le conflit, son ressenti, et ses implications européennes et mondiales à travers le dessin de presse.

Certains dessinateurs combattent et peuvent porter un regard de l'intérieur. C'est le cas de Du Kercy parti au front en décembre 1914, janvier 2015 et de Georges Goursat, le Périgourdin dit "Sem", correspondant pour " Le Journal" qui apporte cependant un témoignage un peu convenu sur la vie au front. Après avoir cité par ailleurs le fils aîné de Maurice Radiguet, caricaturiste de presse, Raymond, alors adolescent, qui s'était mis à dessiner comme son père avant de devenir écrivain, Vincent Brousse s'est proposé d'analyser tout un choix de dessins de presse suivant les temps forts qui ont marqué les commencements et le déroulement de la Grande Guerre. Ainsi a-t-il commencé avec une édition du dimanche  du "Petit Journal Illustré", en juillet 14, où Eugène Damblans dessinateur au Pèlerin, représentait en première page l'empereur d'Autriche François-Joseph venant d'apprendre la mort de son neveu l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, dessin à l'aquarelle qui manifeste comment le séisme de cet événement constituait une menace radicale pour la monarchie du point de vue de son premier soutien, l'Eglise...

Dans le même Petit Journal en date du 25 juillet 1914, c'est une foule républicaine qui danse joyeusement, le nombre de drapeaux français flottants au soleil de cette liesse populaire dénote l'hyper-patriotisme qui sera affiché tout au long de la guerre, même si après l'assassinat de Jaurès quelques jours plus tard, au soir du 31 juillet 1914, la quasi totalité des syndicalistes s'uniront dans un profond pessimisme... Comme le remarque le conférencier, qui a beaucoup étudié l'iconographie de cette période, la guerre n'est jamais montrée dans Le Petit Journal... A partir de septembre 14, après la première bataille de la Marne, on assiste à  une animalisation de l'adversaire qui tend, soit à le diaboliser, comme cette Une qui le représente comme un monstre assoiffé de sang, ou celle du 4 octobre 14 sous-titrée "L'Empereur des Vandales", soit à le tourner en dérision, comme cette armée de cochons roses figurant l'armée allemande (de mangeurs de choucroute !) marchant triomphalement vers Paris...

Autour de  Verdun, de  février à décembre 1916, entre le "ils ne passeront pas", devenu un symbole très fort de la défense du sol national et le tragique ensevelissement des soldats du 137ème Régiment d'infanterie au nord de Verdun près de la ferme de Thiaumont, surgit une mythologie nouvelle : "le mythe de la tranchée des baïonnettes". Bien que les combats aient fait presque autant de morts des deux côtés (160 000 soldats français - 140 000 soldats allemands), Verdun n'a jamais eu pour les Allemands la même importance emblématique. C'est en France un tournant majeur qui a fait connaître la vie des tranchées et du front par les bouleversants dessins de certains poilus, et donné place à la représentation des blessés et des morts. Mais la communication de Vincent Brousse est si riche que nous ne saurions tout en restituer ici..." Sylvie Dautry (extrait du compte-rendu de la conférence de Vincent Brousse en mars 2018 à Beauregard pour Ewanews.com)

Quelques-uns des ouvrages de Vincent Brousse :

• La Belle Époque des pilleurs d'églises : vols et trafics des émaux médiévaux en Auvergne-Limousin (avec Philippe Grandcoing), Les Ardents éditeurs, 2017.
• Utopies en Limousin : De Boussac à Tarnac, histoires d'autres possibles (ouvrage collectif avec une contribution de Vincent Brousse, préface de Pierre Bergounioux), Les Ardents éditeurs, 2014.
• Les nouvelles affaires criminelles politiques (avec Philippe Grandcoing), Éditions De Borée, 2013.
• Les nouvelles affaires criminelles de la Corrèze (avec Philippe Grandcoing, préface de Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2013.
•.Jean-Baptiste Boudeau : Un épicier photographe des campagnes limousines (1900-1924) (sous la direction de Vincent Brousse), Les Ardents éditeurs, 2012.
• Plaque de verre, plaque mortuaire, in Cadavre exquis : Le crime de Montplaisir – Limoges 1908, Éditions Le bruit des autres, 2012.
• Les nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Philippe Grandcoing), Éditions De Borée, 2012.
• Les grandes affaires criminelles des Landes (avec Philippe Berthelot), Éditions De Borée, 2011.
• Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Philippe Grandcoing, préface de Jean-Marie Chevrier), Éditions De Borée, 2011.
• Les grandes affaires criminelles politiques (avec Philippe Grandcoing), Éditions De Borée, 2010.
• Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Jean-Marie Chevrier, Philippe Grandcoing et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
• Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Philippe Grandcoing, préface de Roland Dumas), Éditions De Borée, 2009.
• 1905, la primavera rossa di Limoges (avec Philippe Grandcoing, Dominique Danthieux et avec la collaboration des membres de l'association Mémoire ouvrière en Limousin), Éditions Culture & Patrimoine en Limousin, 2006.
• Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (sous la direction de Vincent Brousse et Philippe Grandcoing), PULIM, 2005.
• Les Antitout : De l’éveil de l’industrie à la naissance douloureuse du syndicalisme (de Jean Bourgoin, textes introductifs de Dominique Danthieux et Vincent Brousse), Éditions Les Monédières, 2005.
• 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Philippe Grandcoing, Dominique Danthieux et avec la collaboration des membres de l'association Mémoire ouvrière en Limousin), Éditions Culture & Patrimoine en Limousin, 2005.

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